logo
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetuer adipiscing elit, sed diam nonummy nibh euismod tincidunt ut laoreet dolore.

L’origine de la peur de parler en public a 235 000 ans.

Home / Articles  / L’origine de la peur de parler en public a 235 000 ans.

L’origine de la peur de parler en public a 235 000 ans.

Temps de lecture : 3 min

 

L’origine de la  peur de parler en public a 235 000 ans.

Pour répondre à la question : « Pourquoi a-t-on peur de parler en public ? », nous avons été très heureux de recevoir Albert Moukheiber ; chercheur en sciences cognitives et psychologue, spécialisé dans les phobies sociales, il vient de publier un livre formidable que j’ai lu deux fois de suite (!) tant il m’a passionné : Votre cerveau vous joue des tours, aux éditions Alary.

Notre propos à travers ce  thème était de comprendre les origines et les raisons des problèmes que nous cherchons à résoudre, sous peine de ne les traiter que superficiellement. C’est ce que nous avons cherché à faire en commençant par enquêter sur les causes biologiques, neurologiques et psychologiques de la peur de parler en public. Pour cela, nous avons dû remonter un peu en arrière, il y a 250 000 ans, pour comprendre les bases du fonctionnement d’homo sapiens sapiens et de son extraordinaire cerveau.

 

La réalité existe-t-elle ?

Premier postulat, la réalité objective n’existe pas. Ou très peu. La carte n’est pas le territoire bien sûr : ce que nous percevons n’est que la reconstruction organisée par notre cerveau de ce que nous voyons, entendons, sentons ; mais pas seulement !

En fait, ce que nous appelons la réalité n’est qu’une multiplicité infinie d’événements ambigus : il nous manque trop d’informations pour pouvoir juger avec certitude de ce qui nous entoure. Pourtant, nous avons tout de même l’impression d’évoluer dans un monde stable, compréhensible et rationnel ? Cela tient à une seconde propriété du cerveau : il a horreur du vide, ou plutôt il ne peut pas s’accommoder de l’ambiguïté.

Pourquoi ? Tout simplement à cause de 230 000 ans d’évolution. Avant le développement du mode de vie urbain et sédentaire, il y a seulement 10 ou 15 000 ans, nos ancêtres vivaient de chasse et de cueillette dans un monde dangereux, où l’être humain n’était qu’une proie comme les autres. Ce sont les impératifs de survie qui ont façonné notre cerveau pour interpréter notre environnement.

 

Le triomphe des anxieux

Lorsqu’un bruit dans les feuillages se fait entendre, dans une jungle hostile, les interprétations possibles sont nombreuses, le vent, un oiseau, un tigre à dents de sabre ; mais c’est la modernité qui nous donne le luxe et l’embarras du choix entre ces hypothèses, grâce à un mode de vie confortable et (relativement) sans prédateur. Pour nos ancêtres, il valait toujours mieux faire l’hypothèse du pire et prendre ses jambes à son cou à la moindre alerte. Mais quel est le rapport entre les tigres à dents de sabre et la peur de parler en public ?

Là encore, des millénaires de sélection naturelle durant lesquels les anxieux ont survécu mieux que les autres, pour finir par dominer le monde. Lorsque le moindre mouvement dans un buisson peut être synonyme de coup de griffe fatal, il s’opère une sélection des individus ayant le plus tendance à sur-réagir au moindre danger.

C’est pour cette raison que prendre la parole en public peut nous faire le même effet que d’aller nous battre avec des lionnes. Car s’il n’y a plus de tigres à dents de sabres, il y a, en revanche, encore des situations qui nous semblent porteuses de danger : elles vont donc produire en nous du stress.

 

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress et la peur ne sont pas exactement la même chose. La peur est un sentiment tandis que le stress est un état physique naturel.

Si l’on demande à un orateur tétanisé ce qu’il ressent, il y a de grandes chances pour qu’il nous réponde : muscles crispés, respiration accélérée, rythme cardiaque intense, transpiration, etc.

Bref, le corps change complètement d’état par rapport à une situation normale. C’est tout simplement parce que le stress est une relique d’un mécanisme de survie essentielle dans un monde de proie et de prédateur. Le stress est ce qui doit permettre au corps de fuir plus efficacement en cas de danger : tout simplement !

 

La peur de parler en public

Voilà ce qui se joue dans la peur de parler en public.

Nous nous trouvons dans une situation d’ambiguïté et de prédation : nous ne connaissons pas les pensées de ceux qui nous écoutent et nous redoutons leur jugement ; nos réflexes anxieux de survie vont donc immédiatement catastrophiser la situation en la transformant en situation de vie ou de mort, puis annuler l’ambiguïté en choisissant l’option la plus terrifiante (« je vais être ridicule », « ils ne vont pas s’intéresser à ce que je dis », « je ne vais pas réussir à convaincre »), pour enfin aboutir à un évitement : notre corps ne pense qu’à prendre la fuite.  On ne voit pas le réel tel qu’il est, mais tel que nous sommes.

Cet évitement, par un biais de confirmation, va ensuite figer la situation de prise de parole comme quelque chose de véritablement dangereux dans notre esprit. Situation aggravante, il se crée un cercle vicieux à chaque évitement : le cerveau croit de plus en plus qu’il s’agit de la bonne solution et cela renforce la peur chaque fois que la situation qui la crée est évitée.

 

Voilà donc le pourquoi de la peur de parler en public : 235 000 ans d’expérience humaine qui ont créé des réflexes d’évitement pour des raisons de survie de l’espèce. Ce cerveau archaïque, nous pouvons le contrôler en commençant d’abord par le comprendre et le prendre en compte.  La prochaine fois nous verrons comment lutter pratiquement contre ces verrous mentaux ; en attendant n’hésitez pas à nous contacter pour toutes questions relatives à la prise de parole en public. Nous vous attendons encore nombreux au prochain petit-déjeuner !

No Comments
Post a Comment

Nous utilisons des cookies afin de vous fournir une meilleure expérience de navigation. Vous pouvez également paramétrer les cookies.